Manifeste !

Nouvelles venues dans le paysage français, mais porteuses du riche héritage et de l’expérience des aventures éditoriales progressistes et critiques de la seconde moitié du xxe siècle (des Éditeurs Français Réunis au Temps des Cerises originel, en passant par Maspero), les éditions Manifeste ! entendent donner voix et voie aux écrivains d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, qui refusent la fatalité du modèle libéral qui nous est imposé et lui opposent le rêve concret d’un monde plus juste.

Créées en 2021 par un groupe d’écrivains et de poètes au-delà des chapelles littéraires et politiques, les éditions Manifeste !…

PP

 

 

Alain Ruscio

Aragon & la question coloniale

C’est l’indignation anticoloniale ressentie au moment de la guerre du Rif qui amène le jeune écrivain surréaliste, Louis Aragon, à adhérer au PCF. Cet engagement se poursuivra tout le long de sa vie, comme un fil conducteur que l’on retrouve aussi bien dans ses actions et prises de position politique que dans son œuvre poétique et romanesque.
Alain Ruscio s’attache ici à suivre la trajectoire anticoloniale du poète, dans ses moments de gloire comme dans ses hésitations. Une trajectoire qui recouvre celle de son parti, sans pourtant s’y identifier totalement.

Alain Prigent

Madeleine Marzin

« Madeleine Marzin, née au début du siècle dernier, commence sa carrière d’institutrice dans le Trégor au nord-ouest des Côtes d’Armor. Militante syndicaliste et communiste, elle organise pendant l’Occupation la mobilisation des femmes contre la vie chère. Sa participation, dans ce cadre, à une action rue de Buci en 1942, se termine tragiquement et lui vaut d’être arrêtée puis condamnée à mort. Elle réussit à s’évader.
Élue députée dans les quartiers populaires de la capitale après-guerre, c’est alors une élue reconnue et respectée défendant avec passion le droit des milieux les plus modestes au logement, à l’éducation et à la culture…

En retraçant l’itinéraire exceptionnel de Madeleine Marzin, Alain Prigent rend ici hommage à toutes ces femmes qui jouèrent un rôle si essentiel dans la Résistance…

Renato Leduc - Leonora Carrington

XV fabliaux d’animaux, d’enfants et d’épouvante

préface de José Luis Martinez-Salazar. Traduit par Cathy Fourez et Jean Portante

Renato Leduc, reprenant la tradition mexicaine des fables et fabliaux, la détourne ici pour en offrir une version à son image : fantasque, ironique et grivoise, dans une veine libertaire (voire libertine) que n’auraient pas reniée ses amis surréalistes. Morts d’el día de los muertos, cocus, girafes, coyotes ou berceuses se succèdent dans une frénésie joyeuse dont les dessins de Leonora Carrington, réalisés expressément pour le livre, redoublent la farandole dans un rouge-sang cruel. Résultats d’une rencontre, d’un amour entre deux créateurs singuliers du vingtième siècle, ces quinze fabliaux illustrés sont une curiosité à lire avec délectation.

Julien Blaine

Proz’ & Po ̈m

C’est avec toujours autant d’humour, qui n’exclut pas un certain sens du tragique, que Julien Blaine poursuit sans relâche ses obsessions et sa quête poétique d’une parole des origines, libérée du joug tyrannique des monothéismes, d’où son intérêt pour l’art et les cultures paléolithiques ou chamaniques. Comme de juste, chez Julien Blaine et dans un certain nombre d’auteurs d’avant-garde, le livre est autant l’accomplissement que la recherche en elle-même, l’aventure d’un corps qui se jette dans la poésie. D’où cette question qui surgit à l’entrée de la vieillesse : que faire lorsque le corps d’éternelle jeunesse de l’avant-garde a vieilli ?

Rupert Brooke

Lettres d’Amérique

préface de Henry James. Traduit et présenté par Jean Pavans

Du 22 mai 1913 au 6 juin 1914, Rupert Brooke voyage aux Amériques, d’où il fait suivre, pour la Westminster Gazetteune série d’articles-reportages, qui seront publiés à titre posthume, dès 1916, avec la préface de James. Brooke pose sur les lieux, les peuples et les coutumes qui s’offrent à lui un regard pénétrant, tendre, d’où transparaît la fascination exercée par le Nouveau Monde sur un jeune représentant de la Vieille Angleterre. Ses facultés poétiques trouvent pleinement à s’employer dans les nouveautés du voyage : gratte-ciel de New York, grandes plaines du Canada, chutes du Niagara…

Collectif

Terre d’humanité.
Un chœur pour Mimmo

Domenico Mimmo Lucano est l’ancien maire de Riace, un village de Calabre, condamné le 30 septembre 2021 à 13 ans de prison pour devoir de solidarité. La cause ? Avoir accueilli 200 naufragés kurdes puis avoir fait revivre son village avec la participation des réfugiés. À l’énoncé du jugement, Mimmo a ressenti chaque année du verdict comme une balle dans son coeur. Il s’est pourvu en cassation.[…]

Le collectif « Liberté pour Mimmo » s’est saisi de ce combat. Écrivains, poètes et artistes visuels ont décidé de donner de la voix pour soutenir Mimmo et poursuivre son combat. Avec les maisons d’édition Le Merle moqueur
/ Manifeste!, et en partenariat avec Médiapart, ce livre a été pensé comme un livre de combat. Les artistes qui y participent renouent avec l’héritage de la littérature engagée du xxe siècle : lier les luttes, l’imaginaire et l’art.

 

en partenariat avec Médiapart. Préface d’Edwy Plenel

Pier Paolo Pasolini

Descriptions de descriptions

Traduction : René de Ceccatty

Aussi bien « encyclopédie personnelle de la
littérature » que « laboratoire de création », Descriptions de descriptions est un livre unique dans l’œuvre de Pasolini car il se positionne en son plein cœur. Se trouvent ici non seulement exposés les vues de Pasolini sur un pan considérable de la littérature mondiale de toute époque (aussi bien Pétrarque, Manzoni, Moravia, Italo Calvino, Elsa Morrante, que Balzac, Flaubert, Dostoïevski, Ezra Pound ou Joseph
Roth, la liste continue…) mais aussi le décor intellectuel et sensible dans lequel voient le jour les propres œuvres de Pasolini en gestation, comme Les Mille et Une Nuits, Salò ou Pétrole.

Paru initialement en français chez Rivage en 1984, Descriptions de descriptions reparaît aux éditions Manifeste !, à l’occasion du centenaire de la naissance de Pasolini, avec le même traducteur et augmenté de plus d’un tiers d’inédits.

Vítězslav Nezval

Prague aux doigts de pluie

traduction de François Kérel

Poète, dramaturge, essayiste, romancier, journaliste, Vítězslav Nezval (1900-1958) est l’un des plus grands poètes tchèques du XXe
siècle.
Il fut l’un des principaux  initiateurs du mouvement littéraire et artistique tchèque appelé « poétisme ». Ce mouvement (influencé d’un côté par Apollinaire et de
l’autre par le futurisme russe de Maïakovski) prônait un art nouveau, capable de transcrire le merveilleux moderne.
Il défendait un art de la vie, dans ses changements, un art à la fois réaliste, populaire, et d’une réjouissante fantaisie.
Pour les poétistes la poésie est l’expression même de la faculté humaine essentielle : la liberté d’imaginer, de créer
et d’inventer.
Son recueil le plus célèbre, Prague aux doigts de pluie (1936), issu de la période surréaliste, est donné ici pour la première fois dans son intégralité en français, traduit par François Kérel, qui a bien connu Nezval…

Jack Hirschman

Planétariat, salut !

Jack Hirschman est né à New York en 1933 et est mort à San Francisco en 2021.
Il fut l’ami de poètes de la Beat Generation, comme Lawrence Ferlinghetti, dont il partage le refus de la guerre et le rejet du
capitalisme américain ; mais son parcours est différent.
Sa poésie est à la fois révolutionnaire par ses thèmes et par sa forme. Il fut aux côtés des sans logis, des immigrés, des Noirs, des Latinos, des femmes en lutte… Et sa parole poétique, qui ne recule ni devant le métissage ni devant les néologismes, transfigure
l’idiome américain.
Marxiste, il était aussi un passionné de la Kabbale ou l’un des traducteurs d’Antonin Artaud en américain. 
Aït Djafer…)

Francis Combes

La face cachée de la lune

La Face cachée de la Lune » réunit trois grands poèmes dialogués qui pourraient servir de livrets d’opéras et d’arguments pour ballets.

Dans le premier, « La Face cachée de la Lune », Francis Combes s’inspire des aventures et des conflits professionnels de l’auteur pour, les transfigurant, en tirer un sens plus général : l’opposition, dans notre société, du droit des producteurs (ou des créateurs) à celui des actionnaires, du pouvoir de la culture au pouvoir de l’argent. Il le fait avec un enjouement et une fantaisie qui trahissent l’influence qu’ont eue sur lui les poètes futuristes(en particulier Maïakovski qu’il traduit en français).

« L’aube des chiens », écrit à la demande du compositeur Michel Meynaut, est un opéra-rock : un jeune délinquant se retrouve aux prises avec le système policier et judiciaire.

Le troisième poème, « Le matelot et la sirène », met en scène la rencontre de ces deux personnages, dans les rues d’un Paris confronté au réchauffement climatique, à la crise économique, à la montée des eaux… et à la pauvreté.

Serge Fauchereau Gravures de José Abad et Hervé Télémaque

De la main gauche

La collection du célèbre journal Les Lettres françaises s’installe aux éditions Manifeste ! et, pour ouvrir le bal, Serge Fauchereau nous propose un recueil de textes littéraires personnels, un exercice auquel il s’est trop rarement livré, rassemblés par son ami, le défunt poète Mathieu Bénézet. Alors que la main droite assure les activités professionnelles de l’auteur, la critique d’art, l’histoire de la littérature, ces écrits « de la main gauche », datés ou non, semblent avoir vu le jour entre deux portes, entre deux voyages et assument volontiers le décalage qu’ils offrent à la lecture.

Décalage vis-à-vis de de l’époque, de la marche du monde, de la vie publique de l’auteur, comme dans la « Danse Mabraque », danse macabre du nouveau millénaire.

John Berger -Illustré par Selçuk Demirel

Fumée

Le livre de John Berger retrace la relation de l’auteur et de la société au tabagisme. Il souligne poétiquement les contradictions des campagnes de lutte antitabac, qui culpabilisent l’individu, par exemple, et oublient de parler de la fumée des usines…

Les dessins de Selçuk Demirel répondent à ces questionnements par une floraison de fumées évoquant des « phylactères », ces bulles de paroles utilisées autant dans la peinture du XVIIe siècle que dans les bandes dessinées modernes. L’aspect contemplatif et mélancolique des dessins de Selçuk Demirel met l’homme face à la nature et à l’industrie. On ressort de ce livre avec une nouvelle perspective face à une problématique sociétale qui divise encore aujourd’hui l’opinion publique. 

Franck Delorieux

Roger Vailland Libertinage et lutte de classes

En bon libertin, en libertin moderne, la posture de Roger Vailland est profondément éthique. Sagesse antique d’un homme qui achève sa vie par ces paroles à Elisabeth : « Mon amour, quel bonheur. Comme je suis heureux. » .

En bon libertin, en libertin moderne, la posture de Roger Vailland est profondément politique. Goût et sens du bonheur, goût et sens du plaisir, Roger Vailland avait bien raison d’affirmer qu’ il n’est plus qu’un scandale possible, même en matière littéraire, c’est d’être communiste.

Épuisé depuis plusieurs années, le recueil d’essais de Franck Delorieux sur la vie et l’œuvre de cet écrivain si singulier qu’est Roger Vailland (1907-1965), paru initialement en 2008, reparaît ici dans une version corrigée et augmentée de plus d’un tiers…

Composé et présenté par
Patricia Latour

Florilège de poèmes pour les enfants

“La poésie n’est pas réservée aux grandes personnes.
Les enfants apprécient la poésie pour peu qu’on la leur fasse découvrir. Dès leur plus jeune âge, on peut tout leur lire, même les poèmes qui semblent difficiles. Ils les écoutent, les engrangent, en comprennent des morceaux petit à petit, apprennent de nouveaux mots, rient aussi. Et ils en redemandent… L’autrice de ce florilège en a fait l’expérience auprès de ses enfants puis de ses petits-enfants.
D’Agrippa d’Aubigné à Andrée Chedid en passant par Alphonse Allais, Louise Michel, Victor Hugo ou Robert Desnos, cette anthologie illustrée de plus d’une centaine d’auteurs dépoussière certains textes, nous en fait découvrir d’autres.”
 
Elsa Triolet — Raymond Peynet

Dessins animés

Pour la première fois réédité depuis sa publication originale en 1947, ce petit bijou d’écriture et de dessin porte la signature de deux artistes singuliers du xxe siècle : Elsa Triolet et Raymond Peynet. Imaginé par Elsa comme un conte merveilleux aux allures de « dessin animé », l’ouvrage est contemporain du Cycle d’Anne-Marie (Personne ne m’aime, 1946 et Les Fantômes armés, 1947) et donc porteur des mêmes obsessions, des mêmes angoisses. À y regarder et lire de plus près, tous ces décors colorés, enfantins, et cette écriture féérique cachent un envers plus sombre : le paysage d’une France et d’un monde décimés par la guerre et le fascisme, où la narratrice, en laquelle on reconnaît l’autrice, est entraînée dans une fuite en avant onirique et angoissée qui finit toujours, comme dans un cartoon, par une chute, ici douloureuse, moins tragique peut-être, que douce-amère.

Serafina Núñez

La nuit dans les braises

Pour la première fois, la voix de la poétesse cubaine Serafina Núñez est offerte au public français, non dans son intégralité, mais dans ce qui fut sa durée, sa permanence, malgré les aléas de l’histoire et des modes littéraires. Cette anthologie suit donc, du premier recueil, Mer captive (1937) au dernier, Terre de transparence secrète (2004), une destinée peu commune, méconnue, mais saluée par les plus grands écrivains et poètes latino-américains.

Poétesse lyrique, sans doute ; Serafina Núñez chante la nature, l’amour, l’absence, les tragédies de l’histoire, mais aussi sa ville, La Havane, avec une touche de sensualité.

 

 

Anthologie poétique composée, traduite et présentée par Victor Blanc

Valérie Gonçalvès - Éric Le Lann

Énergie et communisme. Une vision d’avenir

À l’échelle mondiale comme à celle de notre pays, les choix en matière d’énergie conditionnent pour beaucoup notre avenir, et sont de plus en plus au cœur des débats politiques. Qu’il s’agisse du droit à l’énergie, des enjeux climatiques, de la politique énergétique, du bilan de la déréglementation et de la privatisation dans ce secteur et du service public, Valérie Gonçalvès et Eric Le Lann donnent ici un point de vue communiste, avec des propositions qui veulent concilier réponse aux besoins humains et écologie. Sur chacun des dossiers évoqués, ils s’attachent à fournir de nombreuses informations et faits, pas toujours connus largement. Un livre qui aide au débat citoyen.

Une sérigraphie de Bernard Moninot pour soutenir les Editions Manifeste !

N’hésitez pas à vous la procurer !

 L’artiste Bernard Moninot a décidé de nous prêter main-forte en réalisant une sérigraphie à 90 exemplaires  signés, numérotés et relevés à la main par l’artiste
de façon à ce que chaque exemplaire soit différent.  Lire la suite

René de Ceccatty nous parle de "Descriptions de descriptions" de Pasolini !
Présentation de "Dessins animés" d'Elsa Triolet

Le Merle moqueur 
WPM France

Festival Voix Vives 2020 : Francis Combes

150 ans de la Commune 
Les Editions Manifeste ! au Père Lachaise 
Lancement du livre “Marx à Paris” de Michael Löwy et
Olivier Besancenot

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